Par Jean-Luc Fornelli
Les découragens – Journal d’un con (50e jour)
Rien ne nous sera-t-il épargné ? Après les bousiers humains, (pardon aux vrais bousiers, vous de la grâce vous en avez !), après les bousiers humains amonceleurs de papier hygiénique, qui en ont pour deux vies de torchages de fion…
Après les bouffeurs sans goût qui font la queue quatre heures, polluant, rageant, nuisant sonorement pour un piètre hamburger pas bien loin du poison (240 précieuses minutes quand même, qu’ils n’ont su employer à de plus prestigieux desseins, ces troufignons.)
Voilà maintenant la horde repoussante des bricoleurs du dimanche, qui sortent du bois le lundi, nous surprenant en mal un peu comme le fait cette fiente, qu’on retrouve sur nos capots avant de partir au boulot.
Nous fera-t-on tout ? Qui sont-elles ces foules rampantes, ces amas écœurants de bas du front, qui ont tous les mêmes hobbies, les mêmes fringales angoissantes, au même moment, les mêmes consommations ? Est-ce pour ces déficients que des sages, des justes sont morts ? Pour sauver leurs libertés, conquérir leurs congés payés, leurs protections sociales, améliorer leur sort : eux les « découragens » ? Je les vois si petits, que je ne les vois presque pas… A priori pour ces abrutis je ne lèverais pas un doigt. Leur ferais même payer le fait qu’ils me glacent d’effroi. Mais qui sait – ne nous faisons pas plus méchant que je ne suis – comme je m’ennuie, bougerais-je peut-être même pour ça ? Tel le bon Ponce Pilate, pour l’instant en tout cas, mes mains je cours les rincer ! Pour ne pas me salir d’encore plus noires pensées…
Publié le 2 mai 2020