Par Bruno Mercier
Je baptise mes portes
Trentième jour de confinement.
J’habite une rue déserte dans une ville muette
Qui demande à être adoptée.
Ma vie joue à cache-cache derrière un mur.
Trois pièces, cinq portes, cinq fenêtres.
Je les baptise du prénom
D’un ami de cœur,
De mes enfants
De ma mère,
De mon petit-fils.
Je les ouvre et les ferme comme
Je déposerai furtivement
Un baiser sur leur joue,
Sur leur main,
Comme un bonjour,
Un adieu,
Comme un mouvement de liberté,
Conscient du bonheur
Que ces visites inventées m’apportent.
© Bruno Mercier, Lausanne, 13 avril 2020
Publié le 17 mai 2020