Par Florence Pieraggi
Avancer pas à pas
Garder le cap
Lever le nez
Respirer
Engranger les petits bonheurs
Avancer pas à pas
Plonger c’est remonter
Hors de l’eau la tête
Respirer
Lever le nez
Garder le cap
Avancer pas à pas
Publié le 5 mai 2020
Par Florence Pieraggi
Avancer pas à pas
Garder le cap
Lever le nez
Respirer
Engranger les petits bonheurs
Avancer pas à pas
Plonger c’est remonter
Hors de l’eau la tête
Respirer
Lever le nez
Garder le cap
Avancer pas à pas
Publié le 5 mai 2020
Par Françoise Favre-Prinet
En ce 52ème jour de confinement, assise sur le perron de la maison, le temps passe et je l’accompagne… Je l’écoute, il éveille en moi des lumières frêles ou anciennes, des lianes de vie entremêlées, une architecture de mille et un âges, la profusion faite présence, faite images et pensées, faite ingéniosité infinie, même quand l’exil est arrivé dans ma vie – et peut-être à cause de lui, qui sait?, car à ce moment-là, jetée hors de l’espace tendre et précieux, laissée sans lieu, il m’a pris contre lui, en lui, jurant qu’il serait ma mémoire ouverte: la clé est sur la porte, entre quand tu veux, viens respirer l’air de chez toi, l’air de là-bas, l’air du lointain et de l’intime, des aurores de jasmin et des terrasses aux draps blancs saturés de soleil ; viens goûter au temps des autres, à leurs questions, à leur labeur, à leurs rêves, à leurs défaites, connais leurs chagrins et le goût de leurs peurs …
J’ai amoureusement profité de cette hospitalité et lui ai accordé celle de mes passions pour que, conduit hors de lui-même, lui le temps, il connaisse l’éternité… En ces jours de confinement, il me montre encore ce que je croyais connaître: là, dans les angles morts, des amours timides patientent, d’humbles beautés, des présences si calmes, des dérobades aussi… Et j’en suis si émue que je me prends à désirer pour tous, un retournement qui déjouerait les angles morts, verrait large, ferait de chacun l’acteur et le témoin unique de ce temps: sa mémoire vive.
Publié le 4 mai 2020
Tout commence
Confinement, semi-confinement, semi-déconfinement, déconfinement, où en est-on, comment titrer, il y a ceux dehors qui ne voulaient pas, ceux dedans qui veulent/doivent y retourner, ceux pour qui c’est risqué, allez-y mais pas trop, incertitude, incertitude.
Et il y a nous, dedans, dehors, toutes nos voix, cet espoir immense de ne pas recommencer tout comme avant, cette espérance titanesque de continuer autrement, avec un monde plus humaniste, plus local, plus durable.
Alors, tout commence.
Il y a plusieurs jours est né l’appel du 4 mai. Le 4 mai, parce que ce jour-là le parlement se réunira à nouveau pour la première fois depuis la crise. Cet appel est initié par des infirmier·ère·s, professeur·e·s, étudiant·e·s, réalisateurs·trices, entrepreneur·e·s, photographes, auteur·e·s, médecin·e·s, agriculteurs·trices, libres de tout parti et de toute organisation, vivant en Suisse romande, qui se sont regroupé·e·s face à l’inquiétude d’un retour à la normalité et du business as usual.
Le texte de l’appel, « pour un redémarrage humaniste, local est durable » est disponible sur ce site : https://appeldu4mai.ch
Cet appel sera remis aux autorités fédérales demain avec la liste des signataires, à ce jour 44’338 . Pour signer l’appel, cliquer ici : https://appeldu4mai.ch/index.php#participer
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4m2 – pas de retour à l’anormal, tout commence!
Pas de retour à l’anormal, tout commence !* C’est le message porté par 4m2. Pour une autre reprise – écologique, locale et équitable, qui respecte tous les être vivants.
En ce temps de confinement, pas de regroupement possible pour mettre en avant l’appel du 4 mai et ces revendications. Mais pour les rendre visibles et tangibles, chacun·e peut sortir de chez soi, occuper un bout d’espace, urbain ou non, et tracer autour de lui·elle un cadre de 2m sur 2m, à la craie, au scotch papier, avec des cailloux, des pives, tout ce qu’on veut. Ecrire dans le carré, sur le sol, son slogan, sa revendication, son envie de changements avec ses propres mots. Puis s’immobiliser au centre de ce cadre et faire silence, le temps qu’on estime juste.

Ce geste a pour intention symbolique de permettre de respirer, réfléchir et ainsi ralentir les flux de redémarrage, qui reprennent déjà à un rythme effréné. Un redémarrage aveugle risque de ne pas tirer parti des enseignements de cette crise. Ne repartons pas aussi vite qu’avant en oubliant tout ce qu’on a pu constater.
Renseignements pour participer – c’est demain! :
Instagram : @tout.commence.4m2
Facebook : http://www.facebook.com/groups/toutcommence
Fil Telegram: https://t.me/joinchat/AAAAAEbtzWgZsnXylEobUw


*slogan adapté à partir de la phrase lancée par Greenpeace, « pas de retour à l’anormal »
Publié le 3 mai 2020
Par Jean-Luc Fornelli
Les découragens – Journal d’un con (50e jour)
Rien ne nous sera-t-il épargné ? Après les bousiers humains, (pardon aux vrais bousiers, vous de la grâce vous en avez !), après les bousiers humains amonceleurs de papier hygiénique, qui en ont pour deux vies de torchages de fion…
Après les bouffeurs sans goût qui font la queue quatre heures, polluant, rageant, nuisant sonorement pour un piètre hamburger pas bien loin du poison (240 précieuses minutes quand même, qu’ils n’ont su employer à de plus prestigieux desseins, ces troufignons.)
Voilà maintenant la horde repoussante des bricoleurs du dimanche, qui sortent du bois le lundi, nous surprenant en mal un peu comme le fait cette fiente, qu’on retrouve sur nos capots avant de partir au boulot.
Nous fera-t-on tout ? Qui sont-elles ces foules rampantes, ces amas écœurants de bas du front, qui ont tous les mêmes hobbies, les mêmes fringales angoissantes, au même moment, les mêmes consommations ? Est-ce pour ces déficients que des sages, des justes sont morts ? Pour sauver leurs libertés, conquérir leurs congés payés, leurs protections sociales, améliorer leur sort : eux les « découragens » ? Je les vois si petits, que je ne les vois presque pas… A priori pour ces abrutis je ne lèverais pas un doigt. Leur ferais même payer le fait qu’ils me glacent d’effroi. Mais qui sait – ne nous faisons pas plus méchant que je ne suis – comme je m’ennuie, bougerais-je peut-être même pour ça ? Tel le bon Ponce Pilate, pour l’instant en tout cas, mes mains je cours les rincer ! Pour ne pas me salir d’encore plus noires pensées…
Publié le 2 mai 2020
La chorale de Saint-Jean
C’est dans le quartier, c’est trop bien et il y a eu un article dans la Tribune. Il fallait vraiment aller voir et se renseigner. Un des objectifs de ce blog, mettre en lumière les actions positives, les bulles d’espérance, ce qui est beau là, autour, tout près. Alors cap sur la Maison Ronde. L’écrin de la Chorale de Saint-Jean.
Comment cela a commencé, on ne s’en rappelle pas bien. Des affichettes sur les portes des immeubles, peut-être le deuxième, ou troisième jour du confinement, annonçant qu’à 18h, on chantera Je t’emmène au vent de Louise Attaque, il y a les paroles sur l’affiche. Alors côté cour ce jour-là à 18h, les gens sortent sur les balcons. Les notes de la chanson retentissent depuis un petit haut-parleur, une voisine dirige depuis en bas ce chœur naissant, les gens chantent. Tout recommence le lendemain, et c’est parti.
Un groupe Whatsapp pré-existant s’étoffe, les choses s’organisent toutes seules. Très vite, une famille musicienne au balcon de l’immeuble d’en face met sa sono à disposition pour remplacer le petit haut-parleur et joue en live un morceau après la chanson du jour, il semble que leur interprétation des Cactus de Dutronc a marqué les esprits. Le pli est pris, le chant du jour est annoncé à l’avance, puis deux ou trois chansons par jour.
Il y a eu des appels, qui s’occupe du mardi, du mercredi, du jeudi. Chacun s’inscrit pour organiser tel ou tel soir, ça roule, il y a des chansons pour les enfants comme Buvons un coup ma serpette est perdue version Henri Dès, des chorégraphies tous en mode Beach Boys avec Surfin USA. Chaque jour sans exception.
La chorale de Saint-Jean, appelée ainsi par la Tribune et le nom est resté, devient de plus en plus créative. Des thèmes sont lancés : la plage, les bébés, l’aérobic, une soirée en hommage au chanteur Christophe, le Reggae, Queen, l’amour, les bulles de savon. C’était très beau, les bulles de savon provenant de tous ces balcons s’envolant dans un ciel tout bleu avec les notes de musique.
Il y a aussi des quiz, le voisin du jour pose des questions, par exemple deviner une chanson, une série télévisée, un animal. Parmi ces jours spéciaux, une course a été organisée dans la cour, une personne après l’autre tournant en rond sous les applaudissements des balcons et la musique à fond. Le but était d’atteindre les deux cent tours de cour.
Forcément, les voisins plus éloignés ou des curieux sont attirés et viennent assister, ce qui n’est plus très distance physique compatible. La police veille, bienveillante. Seul bémol, le jour où elle a dû intervenir à cause d’une plainte pour cause de bruit. Certains ont le confinement plus sombre.
La Maison Ronde
Benoît relève que le lieu est comme juste fait exprès pour cela, un amphithéâtre au sens propre du terme. D’ailleurs, si le son passe assez mal lorsqu’on est dans la cour en train de diriger le chœur, depuis les balcons la sonorité est incroyable.
La chorale de Saint-Jean est donc en parfaite adéquation avec le lieu. Ce lieu, cette Maison Ronde surnommée Rotonde ou Colisée, un ensemble de cinq immeubles de six étages réalisé à la fin des années 1920 par l’architecte Maurice Braillard. Une architecture qui favorise les rencontres. Un ensemble classé monument historique depuis 1995.
Prendre le temps de s’amuser
Et bien sûr, ce rendez-vous de 18h a renforcé les liens et les solidarités entre voisins, même s’il y en avait déjà pas mal. Hélia, 15 ans, insiste sur le fait que cette aventure quotidienne permet de connaître des personnes qu’elle n’avait peut-être jamais vues. Comme tout le monde a le temps, elle apprécie de prendre ce temps avec les autres et de s’amuser avec ceux qui vivent juste à côté.
Benoît raconte que ce moment de 18h donnait du sens et du courage pour la journée qui tendait vers ce rendez-vous, surtout pendant les trois premières semaines, surtout quand on est confiné avec des enfants en bas âge. Léon, 16 ans, confirme que c’est un bon défouloir en fin d’après-midi, qui permet de décompresser après les télédevoirs. Pour Hélia, c’est un moment qui remonte le moral à beaucoup de personnes vu les sourires sur tous ces visages. Elle m’écrit par message, mais je peux voir les étoiles dans ses yeux, comme c’était une bonne idée de réaliser plein d’activités, dont « des projections de courts-métrages d’animation quand le soleil se couche ».
Aussitôt dit aussitôt fait
Un des points forts de cette aventure, c’est la bougeocratie. Benoît n’en revient toujours pas. Si quelqu’un lance une idée par SMS, hop le lendemain c’est réalisé, concrétisé. Par exemple, l’idée de tendre une corde entre la Maison Ronde et l’immeuble d’en face pour matérialiser le lien sonore et virtuel, en y accrochant des bricolages. Ni une ni deux, c’est fait.
Laissons le mot de la fin à Hélia : « pis c’est toujours bien fait pour inclure toutes les générations ».
Plus de vidéos par les voisins d’en face:
The happierst days of our live & Another brick in The Wall (part.II), by The Sourdeans
Smells like teen Spirit, by The Sourdeans
Par Anouk Dunant Gonzenbach
Publié le 1er mai 2020
Par Raymond de Morawitz
Pollen en cascade
Courant d’eau, courant d’air,
Les graminées volent sous les ailes des mésanges.
Les berges et les talus offrent abris
au babil des fleurs riant du bourdon.
Ça gazouille le conte du rocher et sa mousse
tombés en amour un beau soir humide,
poussés l’un vers l’autre d’un sens irrésistible
sous l’oeil attendri du saule protecteur.
Il n’est rien dans ce nid de la vie éphémère
qui ne chuchote en douce la grâce des saisons.
Tourbillons de cailloux ou racines enchantées,
la joie fraiche s’écoule dans la lumière du ciel.
Publié le 30 avril 2020
Libertés
Un être cher, l’approcher, l’embrasser, le toucher
Je pouvais en être subitement privée
De la liberté de le toucher, de l’embrasser, de l’approcher
Je n’y avais jamais pensé
Liberté de travailler, de sortir, de choisir, de jouer
Réduite parfois en automatisme, en quotidienneté
En normalité ou ennui, parfois, après de longues années
J’ai oublié toutes les luttes antérieures pour ces libertés
Libre de m’éloigner des remous sociaux et tueurs
Liberté d’accéder à mon monde intérieur
Intouchable, préservé, régénérateur
J’ai le droit de libérer mon pouvoir créateur
Et par la soudaineté d’une pandémie naissante
Je redécouvre vos fragilités, votre nature puissante
Le monde s’incline pour vous chérir, vous protéger
Pour que vous ne puissiez plus jamais nous quitter,
Vous, Libertés.
Publié le 29 avril 2020
Merci à Tom Tirabosco pour l’image en bandeau
Par Gabriella Baggiolini
Intouchables – tous reclus
dans un péril sans visage
maître des lendemains
quand il suffit
d’un coussin rose carmin
saponaires accrochées
au muret d’une vigne
pour déverrouiller nos âmes
Publié le 28 avril 2020
Par Stéphanie de Roguin
La ville retentit de son silence
Voies désertes ou ponctuées de quelques badauds
Des binômes éventuellement, qui ont orchestré leur rencontre,
Chronomètre en poche, à cheval sur la distance adéquate à maintenir.
Sortir pour faire ses courses, liste à la main,
Surtout ne rien oublier,
Faire gaffe, respecter la ligne de scotch jaunie,
Sourire à l’employée masquée qui nous désinfecte les mains au spray,
Respecter la ligne, la limite, la séparation, la cloison
Autant que les cloisons des quatre murs qui nous protègent.
Confinement : pas de place à la surprise
Tout est contrôlé, quadrillé, le temps comme les émotions,
Le temps comme les élans d’amour, vers cet autre qui n’est pas,
Vers cet autre qui fuit, vite, entre ses quatre murs.
Le confinement n’est pas si solitaire,
Les amis toujours bien là, au bout du fil, au bout du skype, au bout du zoom,
Fidèles à eux-mêmes,
Les amis qu’on a l’impression d’avoir vu hier même quand deux mois se sont écoulés.
Ce qui manque, ce sont les rencontres de hasard,
Les coïncidences bienvenues,
Les âmes qui s’attirent toutes seules,
La magie des cœurs qui s’appellent,
Les heureuses surprises qui éblouissent une journée.
Tenir les distances
Ravaler les élans de joie, les élans d’amour, les élans d’humain
La surprise et l’aléatoire au rebut.
Publié le 27 avril 2020
Par Anouk Dunant Gonzenbach
Incertitude, enfants, chronique
Genève, virus, 13 mars 2020, 17h
C’est un vendredi soir
Stay at home
D’un coup les écoles ferment
Soulagement, ils n’ont pas l’air touchés
Qu’en faire à la maison
Genève joue le jeu,
Seulement maximum cinq enfants par école
Au service de permanence
Floraison d’idées sur la toile
Pour les petits
Panique à bord de l’école en ligne
Enseignants, parents,
Pour les moyens
Les groupes Whatsapp chauffent
Chez les grands ça passe
Il y a ceux qui profitent
Ceux pour qui l’enfermement
Est violence
Ceux qui n’ont pas accès à un ordinateur
Même pas un Ipad
Même pas un Iphone
En Suisse heureusement
Il y a dehors
De ce semi-confinement
Mais dehors pas groupés – bonne chance
Le lapin de Päques sera-t-il confiné
Qu’en faire à la maison
Ecran
Cuisine
Ecran
Confinement
Parents qui ont les ressources
Parents qui n’ont pas les nerfs
Les écoles restent fermées
Soulagement les enfants n’ont toujours pas l’air touchés
Deux mètres et gel désinfectant
Comment s’en sortir
Ça va rouvrir
Peut-être
Casse-tête
Et les crèches
Pas d’enfants sur le chemin de l’école
Ville triste
Ceux qui n’ont plus rien à manger
Parce que le père
Sur un chantier, migrant, chantier fermé
Et 45 jours plus tard
Redémarrer les activités professionnelles
Mais pas d’école
Casse-tête
Incertitude
Plus dangereux de les regrouper
Ou de les laisser isolés
Chez eux
Où seront les plus gros dégâts?
Panique à bord au département de l’instruction publique
Reprendre ou ne pas reprendre
Reprendre et comment reprendre
Incertitude
Déconfinement
Incertitude
Publié le 26 avril 2020
Par Mladenka Perroton
Viens te coucher dans mes mots
Viens te coucher dans mes mots
Viens,
Y poser la tête
Lourde de la variété du noir.
Viens changer tes ombres,
Viens parce que c’est souple
C’est tout doux,
Il y en a pour les colères
Les chagrins
Les souvenirs
Surtout pour les souvenirs
Pour les envies qui pincent le cœur.
Viens pour recevoir les baisers des mots
Pour partager les solitudes
Aromatisées
La mienne sent la lavande de Provence,
Tu connais ?
Et la tienne, de quel parfum s’habille-t-elle ce matin ?
Viens, car il n’y a que les mots,
Indemnes
De la convoitise des nuages.
Publié le 25 avril 2020
Par Bluette Staeger
Fantômas
Confinée et lasse
Je pourchasse
Sur mon atlas
Un virus vorace
Qui nous menace
Et se déplace
Tel un rapace
Dans l’impasse
L’espoir se prélasse
Le Covid agace
Tel un Fantômas
Tenant la place
Invisible vivace
Et plutôt coriace
Les êtres grimacent
Derrière les sas
Et les plexiglas
Ils angoissent
Parce qu’hélas
En disgrâce
Certains trépassent
Le temps passe
C’est la poisse
Sur sa paillasse
Seul face à face
On rêvasse
D’une tignasse
Que l’on embrasse.
Publié le 24 avril 2020
Le corona vit
Le corona vit rouge
Le corona vit chinois
Le corona vit Venise (et ne mourut pas lui…)
Le corona vit russe
Le corona vit rousse
blonde, brune, ambrée, lisse, crépue
Roux, blond, châtain, chauve souriant, chauve triste
Le corona vit pères,
mères, sœurs, frères, aï-
eules,
aïeux, cousins, cousines, copains, copines
Le corona vit noir,
blanc, jaune, rebeu
Le corona vit tout le monde
Tout petit petit
mais grand voyageur le corona
Putain de touriste
viral
Le corona vit
Vivons aussi !
Avec et bientard sans lui
Des confins nous ferons fi
Des confins nous ferons
des confettis
Publié le 23 avril 2020
Tel l’arbre ?
Tel l’arbre,
S’ouvrir au ciel
S’offrir à la terre.
Regarder en nous
Ce qui ne l’est pas.
Ce que jugement abaisse,
Ce qu’identitaire relève.
Tel l’arbre,
Se moquer de l’hubris,
Mais s’allier à la mètis,
Faisant fi de Nemesis.
Tel l’arbre,
Rester dans la mesure du temps.
L’allure du berger aux pas lents.
S’ouvrir à ce qui ne nous est pas.
Tel l’arbre,
Vivre au-delà de soi.
Être en se fondant à ce qu’il n’est pas.
Un ex sistere, un dehors de lui.
Notre clepsydre, notre horloge à eau.
Tel l’arbre,
Un soufflet et repousserait sa forêt.
Publié le 22 avril 2020
Par Gabriella Baggiolini
Ailleurs
Demain
Mots squelettes privés de chair
parqués dans nos antichambres
Ici
Maintenant
Le temps du lilas
et des tartes à la rhubarbe
Emotions primaires
Voyages immobiles
vers un supplément d’âme
Publié le 21 avril 2020
2020, Odyssée et espace
C’est l’histoire d’un virus, SDF et hirsute qui s’est bien rouge fâché.
Il a fait l’tour d’la terre et nous a tous trouvés asphyxiés, prisonniers
De nos succédanés, de nos damnés succès.
Alors pour nous punir, nous faire réfléchir,
Derrière des portes closes, il nous a enfermés et coronavissés.
Et il n’attend qu’une chose avant de s’en aller, c’est qu’on ait enregistré
Le message très simple qu’il vient nous apporter :
Tandis que se dissipent les écrans de fumée, humains du monde entier,
Emplissez vos poumons d’un air non pollué par vos échecs passés.
Et hyperventilés, au bord du vertige, rassemblez forces vives et désirs avortés.
Oubliez les zapettes, plateaux micro-ondés, les supposées conquêtes
Qui vous ont amenés dans des prisons dorées.
Entre radio silence et des pensées qui dansent,
Lâchez vos certitudes, changez vos habitudes.
A ce prix-là peut-être sentirez-vous monter le courage qu’exige
La rencontre sauvage avec la liberté.
Publié le 20 avril 2020